» Partir ?  » selon notre invité, Jean-François Derec

On ne le présente plus.

Longtemps caché derrière ses personnages à l’humour populaire « bien Français » tel un Gérard Bouchard et autres trouvailles du terroir de l’humour à la Française, Jean-François Derec fait son « Jewish Comming out » en 2007 avec la sortie de son livre «  Le jour où j’ai appris que j’étais juif ».

Un jour, l’appendice si soigneusement retirée pointe à nouveau le bout de son nez : Zinski propulsera le patronyme à consonance bretonne avec lequel il aura évolué au cours de sa carrière de comédien, d’acteur, d’humoriste, de chroniqueur télé ou d’écrivain loin en arrière dans le ghetto de Lodz en Pologne pour ramener notre Derec à ses racines.

Certains s’en réjouiront : «  Dereczinski ! Je me disais bien aussi… avec son humour décalé, son allure qui doute de tout et son physique… ! »

D’autres n’en reviendront pas : «  Ah bon ?! Derec Juif ??  Mais c’est pas breton ça ?? Et puis il n’en a jamais parlé…. »

 Alors « Partir ? » pour Derec aujourd’hui ?

derec

 

 

 

 

 

Lorsque l’on s’est réalisé, que l’on est installé, au chaud, dans ce pays qui a    tendu les bras à des parents Juifs Polonais ayant eu la bonne idée d’arriver    en France pour fuir les horreurs de la guerre, laissant derrière eux les       silences, la mort et les ténèbres, ce serait comme une sorte de trahison au    pire, une démarche inutile, au mieux.

Lorsque Derec évoque ses parents, il suffit que vous soyez issu d’une famille Juive Ashkénaze pour avoir l’impression de retrouver vos propres grands-parents, qu’ils soient installés à Paris, à Brooklyn, à Los Angeles ou à Paris : c’est tout l’esprit de cette Europe de l’Est fuie qui resurgit, le temps d’une boutade, d’une colère ou d’un simple échange avec son voisin de palier.

«  La loi du komifo ne concernait pas que ma mère. […] J’aime pas, j’en veux pas, des mots qui n’avaient pas leur place dans son lobe temporal droit. C’était bon pour des enfants gâtés. Dans un camp de concentration tu aurais moins fait le difficile ! 

Pour ma mère, quiconque n’avait pas passé sa jeunesse à Treblinka était un enfant gâté ».

( «  Le jour où j’ai appris que j’étais juif » Denoël 2007)

Dieu merci, Derec n’a pas grandi à Treblinka.

Il est là, en France, à Paris, en 2015.

Lorsque sa famille (re)vient de si loin, a-t-on l’énergie, une génération après, pour tout recommencer à zéro, ailleurs encore, même si les choses ne vont pas pour le mieux ?

Une réflexion sur “ » Partir ?  » selon notre invité, Jean-François Derec

  1. Jean François est avant tout poétique… Puis drôle et surprenant ..J’ai moi même découvert que mes racines étaient juive parce-que ma pensée l’était.. Mon raisonnement.. J’avais tendance a toujours faire l’analyse de l’analyse… (Mec un peu chiant….)… Jean François aime ça.. Aussi. Ne jamais rester sec devant la pensée..

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