» Partir ?  » selon notre invitée Judith Mergui

Judith est « déjà » partie.

Mais oui !
Lorsque l’on bouillonne d’énergie comme Judith, que les jobs à 35 heures la semaine, les statuts d’intermittents du spectacle et les rappels constants à sa Judéité dans les rues de Paris se font lourds sur les épaules de cette jeune boulimique de la vie, il ne reste plus qu’une seule issue : le départ.

 «  Judith, comment perçois-tu la France aujourd’hui ? « 

 » Comme une grand-mère. On a beau l’adorer, c’est trop tard pour la faire changer ! » 

Judith a choisi d’essayer Israel du haut de ses 20 ans, en sortant du Cours Florent et en tentant l’aventure de la vie de comédienne Française en hébreu !

Huit ans après, le constat est sans équivoque : Judith a trouvé le bonheur en Israël !

Le rayon de soleil qui vient abreuver sa terrasse tous les matins, ne lui font pas regretter Paris. Même si la raclette lui manque, nous confie-t-elle  dans un sourire malicieux !

Mais ce doit être à peu près la seule chose que Judith aura du mal à trouver en Israël.

Le reste, elle l’aura obtenu à force d’acharnement, de chance et de travail.

Issue d’une famille Juive d’origines mixées Marocaine et Algérienne recomposée à souhait entre divorces, remariages, frères et demi-sœurs, c’est vers une nouvelle tribu qu’elle choisit de s’envoler : la grande famille des Israéliens au complet et sous toutes ses coutures.

Taper à toutes les portes des écoles et conservatoires de théâtre en Israël avec cinq petits mois d’Oulpan et quelques mots d’hébreu de conversation pour convaincre qu’elle arrivera à jouer Roméo et Juliette en hébreu dans une troupe Israélienne, sur scène.

Enchaîner les castings, les révisions de textes, dans les cafés, sur la plage, chez elle, en tenant sur ses genoux les deux versions des textes classiques, l’une en hébreu et l’autre en Français.

Travailler encore et encore sa prononciation, son élocution et surtout son accent ! Gommer à tout prix la moindre virgule sonnant trop Française pour les Directrices de Castings pointilleuses devant choisir la Juliette ou l’Iseult parmi des dizaines de jeunes comédiennes, Israéliennes.

Lorsqu’elle est arrivée à Tel Aviv, à vingt ans, Judith avoue qu’elle ne parlait pas un mot d’hébreu ! Et la voilà maintenant, jouant dans la série télé la plus en vogue actuellement en Israël :

«  Zagouri Imperia » http://hot.ynet.co.il/home/0,7340,L-11424-90823,00.html

Ce qu’elle préfère en Israël, à part la lumière et son rayon de soleil à elle sur sa terrasse, c’est bien cette urgence de vivre, de se débrouiller, se surpasser.

Cette émulation permanente qui lorsque l’on est forcé de sortir de sa zone de confort et de l’assistanat dans lequel nous sommes pouponnés en France, vous conduit à expérimenter les choses les plus folles, comme de participer à ce projet de montage d’ateliers théâtre, télé et cinéma de femmes religieuses !

Oui, parce que quand on ne peut pas prétendre à des indemnités d’intermittents du spectacle entre un rôle de choix et un autre, « on prend tout ce qu’il y a » pour boucler les fins de mois.

Et cela, c’est bien l’état d’esprit qui lui correspond.

Aller de l’avant, dépasser ses limites, agir, créer.

« Comment perçois-tu la France aujourd’hui Judith ? »

Elle répond, dans une moue d’attendrissement bienveillant :

«  Comme une grand-mère ! On a beau l’adorer, c’est trop tard pour la faire changer ! »

Judith ne s’arrête pas un instant. A force d’avoir travaillé des centaines de textes

en hébreu pour peaufiner ses présentations en castings, elle est devenue « experte en perfectionnement et optimisation des chances » !

Elle coache aujourd’hui de nombreux comédiens Israéliens en préparation d’auditions et les fait obtenir le rôle !

Son spectacle «  Inch’Allya » fait un carton en France, en Israël, en Suisse et en Belgique.
Si ce n’est pas une belle réussite !

Lorsque Judith se projete dans l’avenir, la première chose qui lui vient à l’esprit c’est cette idée de famille.

 » Fonder un foyer ».

Offrir à ses futurs enfants cette place au soleil, en Israël. Celle qu’elle a conquise avec brio au cours de sa vie de jeune adulte.

Bonne continuation Judith !

 

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